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    Papy, conte-nous ta terre lointaine (12) 

     

     

    12. Le singe

      

    - Quel est l’animal qui vous a le plus plu dans ce zoo ?

     

    - C’est sûrement le singe qui n’arrêtait pas de nous faire des grimaces et nous montrer ses fesses rouges. Mais pourquoi a-t-il des fesses rouges ? C’est sa maman qui lui a donné une fessée ?

     

    - Mais non, mes chers petits-enfants, c’est une vieille histoire que je vais vous raconter.

     

    Il était une fois une orpheline nommée Hoa, ou Fleur en vietnamien. Très pauvre après la mort de ses parents, elle avait dû se louer depuis plusieurs années comme domestique dans une famille de riches notables du village.

     

    Ceux-ci étaient vraiment de très mauvais maîtres qui l’exploitaient de façon ignoble : Hoa devait faire tous les travaux ménagers de la maison, du lever du soleil jusqu’à tard dans la nuit. On la nourrissait avec à peine trois petits bols de riz par jour. En outre, tous les jours, elle avait la charge d’aller chercher l’eau au puits public : c’était une corvée très lourde, car la famille de ses maîtres était nombreuse, et le puits fort loin, à l’entrée du village. Elle était épuisée et, bien qu’ayant presque dix-huit ans, elle ressemblait à une petite gamine de douze ans rabougrie dans ses haillons.

     

    Un jour, ses maîtres offrirent un grand festin à une vingtaine d’amis. Hoa dut aller plus de dix fois au puits afin de ramener de l’eau pour faire la cuisine, pour laver les poêles et les marmites ainsi qu’une vaisselle innombrable. N’en pouvant plus, elle s’assit au bord du puits et se mit à pleurer amèrement.

     

    Soudain apparut un vénérable vieillard, chauve mais portant une longue barbe blanche, qui lui demanda aimablement :

     

    - Pourquoi pleures-tu, petite fille ?

     

    - Je pleure parce que je suis si malheureuse et si fatiguée ! Mais que puis-je faire pour vous ?

     

    - J’ai très faim ! répondit le vieillard. As-tu quelque chose à me donner à manger ?

     

    Hoa sécha ses pleurs et retourna dans le cagibi où elle logeait derrière la grande maison de ses maîtres, puis revint avec le petit bol de riz qui devait lui servir de dîner ce soir.

     

    - Voilà, Monsieur, c’est tout ce que j’ai ! Mais qui êtes ? Je ne vous ai jamais rencontré au village.

     

    - Je suis le génie qui veille jour et nuit sur ce puits. Et toi, tu es une jeune fille de très grand cœur. Fais un vœu et je te l’exaucerai.

     

    - Bon génie, je suis si fatiguée ! Si vous pouvez me donner un peu plus de force, je supporterai mieux ma misérable condition.

     

    - Descends donc dans mon puits. Puis choisis une fleur que tu suceras.

     

    Hoa descendit craintivement dans le puits. Au fond, des centaines de fleurs tapissaient les parois d’une grotte qu’on ne pouvait pas deviner d’en haut.

     

    Modestement, elle choisit une petite fleur blanche et la suça, comme lui avait recommandé le vieillard. Et là, miracle ! Elle se transforma en une grande jeune femme, très belle et bien vigoureuse. Et ses haillons furent remplacés par une magnifique robe en brocart aux fils d’or.

     

    Toute heureuse, elle remonta du puits pour remercier le vieil homme. Mais celui-ci avait déjà disparu.

     

    Hoa revint joyeusement à la maison de ses maîtres pour continuer son service, car ceux-ci et leurs invités étaient encore à table en train de festoyer.

     

    Quel ne fut leur étonnement quand ils voyaient arriver cette belle jeune femme !

     

    - Qui êtes vous, d’où venez-vous ? leur demandèrent-ils en chœur. Prenez donc place parmi nous !

     

    - Mais je suis Hoa, votre domestique !

     

    - Quel est ce miracle ? Racontez-nous comment vous avez fait !

     

    Hoa leur raconta honnêtement en détails son aventure avec le génie du puits. Tous se levèrent comme un seul homme et coururent jusqu’au puits. Quand ils arrivèrent dans la grotte au fond du puits, ils choisirent les plus grosses fleurs rouges qu’ils voyaient et les sucèrent goulument. Mais au lieu de rajeunir et de s’embellir, voilà qu’ils vieillirent à vue d’œil ! Leur peau s’épaissit et se plissa en formant de grandes grimaces sur leur visage. Leur dos se courba, et ils durent marcher par petits sauts, avec les bras ballants : ils étaient transformés en des animaux qu’on appelle maintenant des singes. Trop honteux pour revenir au village, ils partirent se réfugier dans la forêt voisine.

     

    Quant à Hoa, très inquiète de ne pas voir revenir ses maîtres et leurs invités, elle s’en vint informer le maire du village.

     

    - Leur brusque disparition paraît fort bizarre, lui répondit celui-ci. Où sont-ils allés, en laissant leur repas inachevé ? En attendant leur retour, installez-vous donc dans leur maison pour bien la garder.

     

    Mais toutes les nuits, les singes, c’est-à-dire les anciens propriétaires et leurs amis, revenaient à la maison. Ils essayaient sans cesse de passer entre les barreaux des fenêtres en poussant d’horribles cris stridents.

     

    Chaque nuit, leurs hurlements dérangeaient tout le voisinage. On les chassait à coups de balais, mais rien à faire : ils revenaient toujours ! Un jour, un chasseur, qui connaissait les mœurs délicates des animaux de la forêt, conseilla à Hoa d’accrocher des boules puantes aux fenêtres de la maison pour les éloigner.

     

    La nuit suivante, les singes hurlèrent encore plus fort : ils étaient surpris par ces boules malodorantes qui leur collèrent à la peau. Et en s’enfuyant des fenêtres, ils tombèrent à la renverse et se brûlèrent les fesses dans les braseros aux herbes parfumées qu’on allume habituellement devant les portes et les fenêtres des maisons pour empêcher les moustiques de pénétrer. Depuis, les descendants des singes gardent les marques indélébiles de ces brûlures sur leur derrière.

     

    Voilà pourquoi, mes chers petits-enfants, les singes sentent mauvais, ont des fesses rouges et font des grimaces en poussant des cris stridents.

     

     

    Source.

     

    ‘‘Sự tích con khỉ’’ (‘‘Légende du singe’’), in Nguyễn Đổng Chi, Kho tàng truyện cổ tích Việt Nam (Le trésor des légendes et des contes du Việt Nam), op. cit., t. 1, pp. 144-146.

     

     

     

     

     

     

     


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    Le Valentriolet 3

    (Jeu poétique de Temps-Pestif*)

     

    En ce jour de saint Valentin

    Essayons de nous amuser

    Malgré ton mal nommé…machin

    En ce jour de saint Valentin

    Dépêche-toi car j’ai très faim

    Et j’ai envie de bien manger

    En ce jour de saint Valentin

    Essayons de nous amuser

     

                 Dông Phong, 14.2.2016

     

     

    * Voir le règlement sur http://temps-pestif.over-blog.org/2016/02/le-valentriolet.html 

     

     

     

     


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    Le Valentriolet 2

    (Jeu poétique de Temps-Pestif*)

     

    En ce jour de saint Valentin

    Un froid vent d’est souffle en tempête

    Nos cœurs sont remplis de chagrins

    En ce jour de saint Valentin

    Pas de repas ni de vin fins

    Pour célébrer la grande fête

    En ce jour de saint Valentin

    Un froid vent d’est souffle en tempête

     

                  Dông Phong, 14.2.2016

     

     

    * Voir le règlement sur http://temps-pestif.over-blog.org/2016/02/le-valentriolet.html 

     

     

     

     


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    Monologue 2

     

    Pourquoi cries-tu en monologue

    Quand cent oiseaux chantent dehors ?

    Va leur nouer un dialogue

    Et tu verras plus beau ton sort ! 

                        

     

     


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    Le Valentriolet 1

    (Jeu poétique de Temps-Pestif*)

     

    En ce jour de saint Valentin

    J’aurais aimé pouvoir te dire

    D’abandonner tous tes chagrins

    En ce jour de saint Valentin

    Malgré le vent et le crachin

    Mon cœur aime t’entendre rire

    En ce jour de saint Valentin

    J’aurais aimé pouvoir te dire...

     

                 Dông Phong, 14.2.2016

     

     

    * Voir le règlement sur http://temps-pestif.over-blog.org/2016/02/le-valentriolet.html 

     

     


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