• Cung oán ngâm khúc / Complainte du gynécée royal

     

     

     

     

     

    Chers ami(e)s,

     

    J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon 19ème opus :

     

    Ôn Như Hầu Nguyễn Gia Thiều

    (1741-1798)

    Cung oán ngâm khúc

    Complainte du gynécée royal

     

    Traduction et annotation de

    Đông Phong Nguyễn Tấn Hưng

     

    ISBN : 978-2-35664-108-3

    Éditions Joseph Ouaknine

    http://www.ouaknine.fr - joseph@ouaknine.fr  

     

    Livres faits main à la manière de vieux grimoires, reliés cuir

    87 pages 

     

     Đông Phong Nguyễn Tấn Hưng

     

     Avant-propos

     

            La poésie viêtnamienne se singularise, entre autres particularités, par deux prosodies originales qu’on ne trouve dans aucune autre culture : lục-bát ou six-huit (couples de vers de 6 et 8 pieds) et song-thất lục-bát ou double-sept six-huit (groupes de quatre vers de 7, 7, 6 et 8 pieds).

     

    Ces deux formes poétiques exigent des positions bien fixées à l’intérieur de chaque vers pour les « tons plains » et les « tons accentués », et utilisent en outre des rimes caudales et dorsales alternativement croisées. Elles offrent ainsi un rythme et une musicalité exceptionnels, qui renforcent grandement notre langue déjà très « chantante » et peu accessible aux oreilles étrangères.

    Les vers en lục-bát ou six-huit, mélodieux et faciles à mémoriser, sont largement popularisés à travers d’innombrables compositions, allant des distiques satiriques () aux romanx versifiés tels que Kim Vân Kiều, le « monument national » de 3254 vers de Nguyễn Du (1765-1820), et Lục Vân Tiên, le célèbre « chant du Sud » en 2088 vers de Nguyễn Đình Chiểu (1822-1888).

    La forme song-thất lục-bát ou double-sept six-huit, plus difficile à maîtriser, ne se retrouve quant à elle que dans quelques œuvres majeures. Néanmoins, son tempo saccadé, solennel et élégiaque évoquant des sanglots, a été parfaitement mis en valeur dans ces trois longues complaintes scandées (ngâm khúc), qui sont respectées, depuis leur création, comme des joyaux littéraires :

    - Chinh phụ ngâm (Complainte d’une femme de guerrier), la traduction en écriture démotique nôm, et en 412 vers, par Đoàn Thị Điểm (1705-1746) du texte originel de 473 vers en caractères chinois de Đặng Trần Côn (1710-1745 ?) ;

    - Tự tình khúc (Confidences scandées), longue complainte de 608 vers en nôm, écrite en prison dans les années 1860 par Cao Bá Nhạ (?-?), un neveu du célèbre poète-rebelle Cao Bá Quát (1809-1854) qui fut tué au cours d’une sanglante bataille contre les armées de l’empereur Tự Đức ;

    - Cung oán ngâm khúc (Complainte du gynécée royal), poème de 356 vers en nôm de Ôn Như Hầu Nguyễn Gia Thiều, qui fait l’objet du présent ouvrage.

     

    Nguyễn Gia Thiều (1741-1798), descendant d’une longue lignée de hauts mandarins et, par sa mère, petit-fils du chúa (seigneur) Trịnh Cương (?-1729) dont la famille gouvernait, depuis 1599, la partie septentrionale du Đại Việt[1] que les Européens appelaient « Royaume de Tunquin », avait acquis le titre de Ôn Như Hầu (Marquis d’Ôn Như) après avoir été nommé à l’âge de trente ans au poste de gouverneur militaire de la province de Hưng Hóa, dans le nord-ouest du royaume. Il était aussi réputé en littérature, en peinture, en musique et en architecture.

    Il semble qu’il fût ensuite tombé en disgrâce, ce qui l’amena à se retirer dans la région de Sơn Tây, où il continuait à écrire tout en s’adonnant à l’étude du bouddhisme. Après la prise de pouvoir par les « révolutionnaires en vêtements de coton » Tây Sơn en 1788, il fut rappelé à la capitale par le nouveau roi Quang Trung qui admirait ses multiples talents. Mais il simulait la folie, en s’enivrant chaque jour, pour décliner cette invitation, afin de rester vivre en poète-ermite dans sa retraite.

    Malheureusement, il ne nous reste que très peu de ses œuvres littéraires. Cung oán ngâm khúc (Complainte du gynécée royal) en est la plus connue.

    Dans ce long poème, Ôn Như Hầu se compare, amèrement, à une odalisque autrefois choyée mais maintenant délaissée par un roi volage. Et à l’instar de beaucoup de lettrés de l’ancien Viêt Nam, il y cite d’innombrables références se rapportant à l’histoire et à la littérature de la Chine antique. L’influence du bouddhisme y est aussi fréquemment présente.

     

    Cette complainte a déjà été traduite en français par plusieurs auteurs, dont notamment ces deux éminents linguistes qui l’ont aussi très savamment annotée :

    - G. Cordier, Cung oán ngâm khúc – Poème annamite traduit et annoté, in Études asiatiques, publiées à l'occasion du 25e anniversaire de l'École Française d'Extrême-Orient, Paris, 1925, Tome I, pp. 169-198. Cette traduction a été rééditée plusieurs fois, dont une version a été proposée par l’imprimerie Lê Văn Tân de Hanoi en 1930.

    - Tuần Lý Huỳnh Khắc Dụng, Cung oán ngâm khúc (Les Plaintes d’une Odalisque) – Élégie, Bộ Quốc Gia Giáo Dục Xuất Bản, Saigon, 1960, 107 p.

    Cependant, ces traductions sont maintenant très difficiles d’accès, hors des bibliothèques spécialisées.

    Par ailleurs, comme je l’ai signalé dans ma traduction précédente de Chinh phụ ngâm – Complainte d’une femme de guerrier, ces traductions érudites en prose manquent un peu de … poésie.

    Pour ces deux raisons, je tente cette nouvelle traduction.

     

    Đông Phong Nguyễn Tấn Hưng

    Automne 2014

     


    [1] Grand Việt : ancien nom du Việt Nam de 1054 à 1802. 

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Jacques Premel-Cabic
    Vendredi 29 Janvier 2016 à 22:17

    Mais où trouves tu le temps pour une productivité telle que la tienne, ami Dông Phong ?

    A quand l'Académie Française, ou pourquoi pas, après tout, le Prix Nobel ?

    Déjà en possession de quatre de tes livres, j'encourage vivement, ceux qui ne connaissent pas encore l'étendue quantitative certes, mais surtout qualitative de ton oeuvre, à venir la découvrir. Ils ne seront pas déçus !

    Bonne réussite à ce 19è opus, qui fait à nouveau honneur à la si riche et si belle  poésie de ta Terre Lointaine.

    En toute amitié,

    Jakez

      • Samedi 30 Janvier 2016 à 17:08

        Cher Jakez,

        Tu es trop indulgent !

        Je ne fais que "vider mon sac", car depuis cinquante ans au moins j'ai accumulé une bonne documentation sur l'histoire et la culture de ma terre lointaine.

        Bon weekend,

        bien amicalement.

        Dông Phong

         

         

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